Togo

 

LES MOINES BÉNÉDICTINS DE DZOGBEGAN
AU SERVICE D’UNE ÉCOLOGIE INTÉGRALE

L'Abbaye de l'Ascension de Danyi-Dzogbegan, au Togo (image de drone)/Abbaye de Dzogbegan 

Depuis plus de 60 ans, les moines bénédictins au Togo entretiennent une relation particulière avec la nature et prennent soin de l’écosystème dans lequel ils vivent leur vocation.

À l’abbaye de l’Ascension de Danyi-Dzogbegan, à 185 km de Lomé et 50 km de Kpalimé, le frère Jean Christophe Djonou, moine bénédictin et prêtre, est responsable du verger. Le mardi 22 novembre, il entame sa journée avec la prière des laudes, à 5 h 20, suivie d’une méditation. Puis il se rend à l’abbaye de l’Assomption, à deux kilomètres de là, pour dire la messe aux moniales du même ordre à partir de 6 h 45. À son retour, il fait un tour dans le verger de son abbaye, vers 10 heures, après le petit-déjeuner et quelques services rapides à la comptabilité, étant chargé de la caisse.

Frère Jean Christophe, 53 ans, 1,76 m, arpente la voie à l’arrière du monastère, habillé d’une mini-coule kaki, pantalon, bottes et machette à la main. « Prendre soin du verger est une passion pour moi », confie-t-il tout en avançant. « La plupart de nos activités se font de façon manuelle hormis l’unité de transformation du café », ajoute ce moine qui précise que même dans ce cas « les préalables et travaux de finition se font à la main ». Dans cette abbaye, plusieurs activités sont liées à l’écologie telles que le verger, la pépinière, les cultures vivrières et caféières, les jardins potager et botanique. Et il y a aussi des unités de transformation, telle la distillerie qui produit diverses essences naturelles à base de menthe, cannelle, citronnelle, et des liqueurs.

« L’écologie occupe une place importante dans notre vie et le respect de l’environnement est un principe fondamental dans notre abbaye », explique-t-il, arrivé dans la bananeraie. « Même en matière de construction, précise-t-il, cet idéal écologique permet d’orienter les travaux en sorte que les bâtiments puissent bénéficier d’aération et de luminosité naturelles, afin de réduire la consommation d’énergie ». Hormis ses responsabilités spécifiques, « chaque moine participe au tri quotidien des ordures pour éviter la pollution et faciliter le recyclage », relève cet amoureux de la nature.

L’écologie au cœur de la vie monastique

Non loin de là, Jean Bignon, 29 ans, novice, fait l’entretien du poulailler. « Je me sens bien dans cet environnement naturel qui libère mon esprit et facilite la contemplation ». En première année de noviciat, il explique, avoir souvent participé aux activités du verger, par exemple « repiquer de jeunes plants afin de faciliter leur croissance ».

Frère François Amouzou, aussi moine et prêtre, est responsable du secteur café. Il explique comment cette abbaye contribue à une écologie intégrale. « La culture du café est bénéfique pour l’environnement, car le caféier a besoin souvent d’ombrage ; d’où la nécessité de planter certaines espèces d’arbres comme l’albizzia ». « La floraison du caféier nourrit beaucoup les abeilles », se réjouit-il avant de nuancer : « cette culture nécessite beaucoup de soin pour lutter contre les chenilles par exemple ».

Fondée en 1961 par l’abbaye d’En Calcat à Dourgne (France) avec l’accompagnement de Mgr Joseph Strebbler (1892-1984), missionnaire français et premier archevêque de Lomé, l’abbaye de l’Ascension est aujourd’hui dirigée par l’abbé Théodore Coco qui veille au respect des valeurs monastiques et des principes d’une écologie intégrale chère au pape François selon son encyclique Laudato Si.

Charles Ayetan (à Dzogbegan)

Source: africa.la-croix

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