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Centre Afrika

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Les attitues missionnaires

  • La première attitude missionnaire qui m'apparaît extrêmement importante c'est l'action de grâces. Nous, nous sommes d'abord les témoins privilégiés de ce que Dieu fait dans le coeur des hommes, dans toutes les nations et dans toutes les culture. Nous devons être des personnes  d'action de grâces pour l'immense amour de Dieu pour nous dans la prise de conscience que nous faisons de cette action merveilleuse de Dieu qui transforme le coeur des hommes. Nous sommes présents comme disciples de Jésus au milieu du monde et une de nos premières fonctions est de prendre conscience, dans l'émerveillement que Dieu est en train de rassembler les hommes de toutes tribus, langues, peuples et nations. De l'Orient à l'Occident, du Nord au Sud, le royaume de Dieu se construit à la manière d'une semence imperceptible, d'un peu de levain dans la pâte. C'est ce que le P. De Mello[1] appelle "vivre éveillés" pour percevoir quelque chose de ce merveilleux projet de Dieu sur le monde. "Qui peut pénétrer ton projet de vie Seigneur? Par ton dessein, tu gouvernes tous les hommes que ta main droite a créés" (2 Baruch 54,13: dans Ecrits intertestamentaires, Edit. la Pleiade), ou encore ce texte d'Isaïe: "Seigneur, tu es mon Dieu, je t'exalte, je célèbre ton nom car tu réalises un projet merveilleux conçu depuis longtemps, constant et immuable" (Is  25,1). Je cite encore un texte des Actes des Ap. "Il racontait la conversion des nations païennes et procurait ainsi une grande joie à tous les frères (Ac 15,3)".
  •  L'humilité : Ce n'est pas nous qui réalisons le dessein de Dieu. Il nous faut abandonner tout faux militantisme, toute conception de l'évangélisation qui se ramènerait au sens étroit de "faire des convertis". La mission aujourd'hui ne représente plus aucune supériorité politique et économique. Le missionnaire venant du Nord sait même aujourd'hui qu'il n'est même plus le représentant d'un monde chrétien. La vision du monde qu'on appelait païen a bien changé aussi. Si la mission ne part pas d'un monde chrétien, elle ne s'adresse pas plus à un monde païen. Elle s'adresse comme je l'ai dit plus haut à ce monde que Dieu a tant aimé et où, comme dit s. Paul dans Rm 1,20, il n'a pas manqué de manifester ses perfections invisibles.  L'apôtre est d'abord un serviteur du Christ, comme le dit s. Paul dès les premiers versets de la lettre aux Romains. Il faut continuellement replacer la mission dans le projet de Dieu et non pas subordonner le projet de Dieu à la mission. Cette humilité nous invite à renoncer à la mission-conquête.  L'Eglise doit redevenir "in-signifiante" pour retrouver sa force. Elle n'est pas une multinationale mais un ferment du royaume de Dieu.  Accepter humblement de n'être que le levain caché, la graine à peine perceptible. Il faut renoncer à la tentation du nombre. C'est Dieu qui construit son royaume, nous ne sommes que de simples serviteurs, collaborateurs de cette action de Dieu, des vases fragiles.
  • Nous rappeler que notre première vocation est  d'être disciples,  car l'essentiel de notre mission est de faire naître des communautés de disciples. Notre vocation comporte une exigence de transparence à l'évangile. C'est certainement le défi le plus lourd et exigeant de la vocation missionnaire. Etre d'abord lumière dans sa vie pour l'être ensuite pour les autres; il ne servirait à rien de porter des flambeaux éteints aux extrémités de la terre.  Ne pas être simplement une mission qui parle, mais une mission qui met en mouvement des îlots de vie selon l'évangile, créer des communautés témoins de ce que Dieu réalise mystérieusement à l'échelle de toute l'humanité, d'hier, d'aujourd'hui et de demain. Faire naître des communautés de disciples qui, en actes et en paroles, "rendent visibles les oeuvres de Dieu".
  • Reconnaître que le caractère unique du christianisme ne lui confère pas l'exclusivité. La foi chrétienne peut être l'expression d'une puissance unique de la révélation de Dieu en Jésus Christ sans être pour autant signe et instrument exclusif de la révélation. Un aspect important de notre être missionnaire ou de notre spiritualité missionnaire consiste à développer une estime profonde de tout ce qui est humain. cette estime se fonde, comme je l'ai répété plusieurs fois au cours de ces réflexions, sur le fait que Dieu aime l'homme sans condition préalable. Seul l'amour de Dieu peut présenter une revendication absolue. C'est précisément de l'amour absolu de Dieu pour tous les hommes et dans toutes les circonstances que découle cette estime de tout ce qui est humain.

 

Conclusion :
Dieu a un projet sur l'humanité, projet qui nous est dévoilé dans la Bible. Ce projet est pleinement dévoilé en Jésus de Nazareth, comme le dit le prologue de la lettre aux Hébreux: "En ces jours qui sont les derniers, il nous a parlé par le Fils (Hb 1,2)". Le contenu essentiel de ce projet c'est que Dieu aime l'homme qu'il a créé à son image et qu'il réalise progressivement le "Royaume qu'il a préparé depuis la fondation du monde" (Mt 25,34).

Dans un monde marqué par la division, la dispersion et l'égoïsme, l'unité se construit en Jésus le Christ qui "attire à lui tous les hommes" (Jn 12,32). Israël, par sa médiation n'était pas le propriétaire de ce projet mais à son service. C'est le grand reproche que Jésus fera aux docteurs de la loi: "vouloir s'emparer de l'héritage", dans la parabole des vignerons homicides (Mt 21,38). Il en est de même pour l'Eglise. L'exclusivisme n'a pas cours dans le projet de Dieu. "Les voies de Dieu ne sont pas les nôtres" (Is 55,8).  Dieu ne dit-il pas de Job, païen notoire, originaire du pays de Ous (Jb 1,1): "il n'a pas son pareil par toute la terre" (Jb 1,8). Que Dieu dise cela d'un païen, est assez étonnant.

Oui les nations ont leur place dans le projet de Dieu. Les hommes de toutes tribus, langues, peuples et nations sont appelés. Le projet de Dieu est en cours d'accomplissement et le rassemblement de toutes les nations, si on veut rester fidèle au texte biblique, ne sera pleinement et définitivement accompli qu'à la fin des temps. Pendant ce temps qui nous est donné, qui n'est pas encore celui de la fin, la mission pose des signes car ce n'est pas encore le temps de l'éblouissement de la gloire de Dieu. Et pour employer un grand mot: l'eschatologie ne peut se réaliser dans l'histoire. Le royaume de Dieu n'est pas de ce monde et l'Eglise n'est pas le royaume. Elle en est le signe et la servante.

Si la mission visait à conquérir le monde, elle substituerait l'assurance humaine et la volonté de puissance à la force divine. Le rassemblement des nations, dans le royaume, reste le fait de la puissance eschatologique de Dieu. Cela ne signifie pas qu'il ne faut rien faire, mais il ne faut faire que ce qui nous est demandé.

Père, que ton règne vienne, ou encore comme nous y invite s. Paul dans Ephésiens: "vivons dans un amour authentique et ainsi nous ferons grandir toute chose, tout l'univers vers celui qui est la tête le Christ".

[1]DE MELLO,  Quand la conscience s'éveille, Montréal 1994