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Centre Afrika

Le Centre Afrika représente une "maison" pour les Africains et pour toute personne s’intéressant au monde africain. Rendez-vous sur le site Centre Afrika

Articles interreligieux 

Dialogue interreligieux et intégration africaine !

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Un article du quotidien burkinabè "L'Observateur Paalga" présente le Réseau de Jeunes pour l’Intégration Africaine, sous la responsabilité les Assomptionnistes.
Chaque année, depuis 2009, à l’initiative des religieux assomptionnistes, de nombreux jeunes de l’Afrique de l’Ouest vivent une expérience interreligieuse dans le cadre de voyages d’intégration africaine. Ils ont entre 18 et 35 ans, ils sont togolais, béninois, burkinabè, maliens, ivoiriens, ghanéens…. ils sont musulmans, catholiques, protestants, animistes et même athées et ils ont acquis une conviction : la rencontre de l’autre, le dialogue entre les cultures et les religions dans le respect mutuel, sont la condition sine qua non de la construction de la cohésion sociale, de la réconciliation entre les peuples et de la paix entre les nations.
Ils sont accompagnés chaque année par une équipe interreligieuse...  
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Le dialogue interreligieux, une nécessité pour la cohabitation pacifique des croyants.

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Nous vivons aujourd’hui dans le contexte de la mondialisation et du pluralisme religieux, où adeptes de différentes confessions religieuses se côtoient. Dans ce contexte, la cohabitation pacifique est un besoin fondamental et un devoir pour chacun. Or, nous constatons de plus en plus que, dans nos sociétés actuelles, beaucoup de nos contemporains manquent de points de repère. En outre, l’intolérance, la violence, les conflits et les guerres sont omniprésents, parfois même au nom de la religion. On assiste parfois à l’instrumentalisation de la religion ; on utilise la religion à des fins économiques. Quel est alors le rôle des religions ? Les religions sont-elles des facteurs de paix ou de division ?  Lire la suite ici
 


Le Cardinal Tauran souligne l'urgence du dialogue islamo-chrétien

CardinalTauranRevenant sur l’assassinat du Père Jacques Hamel dans son Eglise de Saint Etienne du Rouvray en France, le Cardinal Jean Louis Tauran, Président du Conseil Pontifical pour le Dialogue Interreligieux publie une tribune dans l’Osservatore Romano du 12 août 2016 sur l’urgence du dialogue islamo-chrétien, qu’il présente comme « l’antidote le plus efficace » contre le relativisme. Article dont voici la traduction :

« J'étais en France le jour où le père Jacques Hamel a été brutalement assassiné pendant la messe dans sa paroisse en Normandie.
Pendant deux jours, la France a été plongée dans la consternation: les médias ont informé en continu, et les commentateurs rappelaient la nécessité d'un dialogue entre les personnes de différentes confessions religieuses... 
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Œcuménisme: l’Eglise catholique et le COE font le point sur leurs relations

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Le groupe mixte de travail (GMT) entre l’Eglise catholique et le Conseil œcuménique des Eglises (COE), est actuellement en session, du 13 au 17 septembre 2016, en Suisse. Parmi les objectifs de cette rencontre, selon un communiqué publié à la veille de l’ouverture : « réviser » les relations entre le COE et l’Eglise catholique.

Le GMT est co-modéré par le métropolite Nifon de Târgoviște de l’Eglise orthodoxe roumaine, par un membre du COE et par Mgr Archbishop Diarmuid Martin, archevêque catholique de Dublin (Irlande).

Si l’Eglise catholique n’est pas membre du COE, elle a pris part à ce groupe de travail dès 1965 par l’intermédiaire du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens (PCPCU). Les 20 membres se réunissent en assemblée annuelle et un groupe exécutif se réunit deux fois dans l’intervalle, sur des questions de doctrine, sur la mission, la justice, la paix et la réconciliation, la formation œcuménique, les jeunes.
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Le respect réciproque, fondement du dialogue interreligieux

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« S’il n’existe pas de respect réciproque, il n’existera pas de dialogue interreligieux, affirme le pape François, c’est la base pour pouvoir marcher ensemble et affronter les défis. »

Le pape a évoqué la « coopération interreligieuse » lors de l’audience accordée aux participants de la première rencontre interreligieuse « Amérique en dialogue – Notre maison commune » ce jeudi matin 8 septembre 2016, au Vatican.

« Ce dialogue,  ...»
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Dialogue interreligieux: le KAICIID redit non à la violence au nom de la religion

ROACO3La communion dans l’Eglise « a besoin, partout dans le monde où catholiques latins et orientaux vivent côte à côte, des richesses spirituelles de l’Occident et de l’Orient », déclare le pape François.

Le pape François s’est en effet adressé aux participants de l’Assemblée de la Réunion des Œuvres d’aide aux Églises orientales (ROACO), ce jeudi 16 juin, dans la Salle Clémentine du palais apostolique du Vatican.

L’assemblée était consacrée « à la présence des Églises syro-malabare et syro-malankare dans les territoires de l’Inde, en-dehors du Kerala », cet Etat du sud, très catholique.
Le pape dit, en citant saint Jean-Paul II son espérance « que l’on pourra avancer selon les indications de mes prédécesseurs, dans le respect du droit propre à chacun, sans esprit de division, mais favorisant la communion dans le témoignage de l’unique Sauveur Jésus Christ. Cette communion a besoin, partout dans le monde où catholiques latins et orientaux vivent côte à côte, des richesses spirituelles de l’Occident et de l’Orient, auxquelles puissent
... Source le Zénit (ici)


Dialogue interreligieux: le KAICIID redit non à la violence au nom de la religion

addisLe Centre international pour le dialogue interreligieux et culturel (KAICIID), dont fait partie le Saint-Siège, appelle au dialogue et à l’unité face à la violence.

Fondé en 2012 avec la contribution du Saint-Siège, le KAICIID, a publié une déclaration au nom de cinq religions – judaïsme, christianisme, islam, bouddhisme et hindouisme -, le 6 juillet 2016, après les attentats récents d’Istanbul, Dacca, Bagdad et Médina.

En s’adressant « à toutes les personnes de bonne volonté », le KAICIID lance un appel à l’unité qui ne permet à aucune forme de « violence ou de terreur » d’ « éloigner les peuples et les cultures du chemin de la paix ». Il demande de « rester unis pour repousser toute forme de préjugé à l’égard des personnes de culture et de croyance religieuse différentes ».

Exprimant leurs condoléances pour les victimes et leur proximité aux familles, les représentants du KAICIID se disent « choqués par la violence perpétrée par ceux qui abusent de la religion pour justifier l’injustifiable : la violence contre les autres et contre les lieux de culte ». Source le Zénit
 (ici)

ParolinLors de la conférence sur «La liberté religieuse, les droits de l'homme, la mondialisation» qui avait lieu au Sénat italien, le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d'État du Saint-Siège a insisté sur «le dialogue œcuménique et interreligieux», qui «n’est pas un luxe, mais quelque chose d’essentiel dont notre monde, toujours plus de blessé, a besoin». Il s’exprimait jeudi 5 mai sur le thème «le dialogue inter-religieux, comme la base d'une perspective de paix».
«Face à l’Europe qui se ferme à l’immigration, le Pape continue à insister sur la construction de ponts» a rappelé le cardinal Parolin, soulignant que la remise du prix Charlemagne au Pape François le 6 mai est une nouvelle occasion de .... Lire la suite

 LA LIBERTE RELIGIEUSE MISE A MAL A L'ETRANGER 

LiberteReligieuse«La liberté religieuse à l’étranger a subi des assauts sérieux et soutenus depuis 2015». C’est le constat de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale au sein du Département d’État américain, qui vient de publier son rapport annuel 2016. En tête de liste des pays qui répriment le plus les croyants : la Birmanie, la Chine, l’Érythrée, l’Iran, la Corée du Nord, l’Arabie Saoudite, le Soudan, mais aussi le Turkménistan et l’Ouzbékistan.
 
 

dialogueinterÀ l’occasion du colloque qui réunit le Conseil Pontifical pour le dialogue interreligieux et l’Institut Royal pour les Études interreligieuses d’Amman, qui a lieu les 3 et 4 mai au Vatican, le Pape François a adressé un bref message aux participants. Il leur rappelle l’importance du dialogue qui mène au cœur et se conclut par une poignée de main.
En présence du Prince jordanien El Hassan Bin Talal, fondateur de l’Institut royal, et figure très engagée dans le dialogue interreligieux, le Saint-Père a fait part de «son souvenir très heureux de sa visite en Jordanie» où il s’était rendu en mai 2014. Lire la suite
 

 

Relations entre Chrétiens et Musulmans

Relations entre chrétiens et musulmans

Notre Société a été fondée dans le monde musulman.
Nous cherchons  toujours à promouvoir des relations
de respect et de solidarité avec les musulmans.

Au Canada, Gilles Barrette et Bernard Tremblay
s'intéressent particulièrement aux relations islamo-chrétiennes.

On peut rejoindre Gilles Barrette à Montréal
1640, rue St-Hubert,
Montréal QC  H2L 3Z3

On peut rejoindre Bernard Tremblay
790, Rue Jacques-Cartier Est, Chicoutimi,
Qc,  G7H 2A3

Bienvenue au site web interreligion.com qui héberge trois groupes de dialogue musulmans-chrétiens du Québec ayant pour but de promouvoir des relations de collaboration et d'entente entre croyants musulmans et chrétiens. interreligion.com

 

 

 

 

 

Jésus l'Homme de la Rencontre

Jésus, l'Homme de la Rencontre

Huit jours à l'école du Maître dans l'Évangile de Jean

Les Musulmans nous qualifient comme étant des «Gens du Livre », et c'est une belle reconnaissance de leur part. Mais quand j'ai l'occasion de m'expliquer avec tel ou tel proche sur ce point, je dis que nous ne sommes pas les gens du Livre comme ils l'entendent, eux. Leur référence est un Livre (Le Livre), le Coran, Parole sacrée, écrite sous la dictée de Dieu lui-même. La différence est que notre Livre est une personne, Jésus, une Parole faite chair. Même si nous nous référons à la Bible, nous sommes avant tout les «Gens de Jésus ». Notre Livre c'est Jésus. Et c'est un exercice plus difficile de lire un tel Livre que de chercher des réponses toutes faites à nos questions à travers ce qui est écrit. C'est beaucoup plus hasardeux. Le P. Bodson, un jésuite maintenant décédé et un amoureux de saint Jean disait avec humour dans une de ses retraites: «Quand on veut faire un costume à Jésus, les coutures craquent toujours!»

Que cherchez-vous? Qui cherchez-vous? Voilà donc la question que Jésus adresse aux premiers disciples. Ayons nous aussi, la passion de la recherche. Celui que nous croyons avoir trouvé est finalement toujours à chercher, toujours plus grand que nos petits schémas, que nos petites représentations. Jésus est l'insaisissable, et toute image de lui me laisse sur ma faim. Il est sans cesse à chercher, il se glisse dans les événements, dans les rencontres, dans les plis les plus cachés de notre cœur. Le vrai croyant est un perpétuel chercheur de Dieu, jamais satisfait. Ne nous arrêtons pas de le chercher et de nous laisser chercher nous aussi par lui. Qui cherche trouve (Lc 11,10), mais pas nécessairement, et sûrement pas selon l'image et les apparences que nous voudrions bien lui donner. Soyons prêts à la surprise. Dieu vient encore et toujours frapper à notre porte. Il frappe sans cesse. Et le plus difficile, c'est d'avoir l'esprit assez libre de toute idée préconçue pour savoir le reconnaître dans sa constante nouveauté. Jésus est toujours surprenant et déconcertant. Cherchons-le et sachons l'accueillir tel qu'il se présentera.

Un ami d'une confrérie musulmane nous raconta, lors d'une de nos rencontres régulières, cette petite histoire pleine de symbole. Moïse était en prière sur la montagne. Las de ne jamais voir son visage, il fit cette invocation à Dieu: «Seigneur, je te rencontre chaque jour, mais je ne t'ai jamais vu! Je te rencontre sur la montagne dans la nuée, mais tu ne descends jamais dans ma maison. Tu me nourris de ta parole mais tu ne daignes jamais venir t'asseoir à ma table!» Et Dieu lui dit: «Je viendrai demain prendre avec toi le repas de midi ». Moïse repartit chez lui, apprêta un bon repas, et le lendemain à midi, tout était prêt. Quelqu'un frappa à sa porte. C'était un mendiant, qui lui demanda l'hospitalité et l'aumône. Moïse s'excusa et lui fit comprendre qu'il attendait un grand ami et que — la mort dans l'âme — il ne pourrait le satisfaire que plus tard. Le temps passa. Et Moïse attendit jusqu'au soir. À l'heure du souper, le mendiant repassa, pensant que maintenant il pourrait être reçu. Désolé, Moïse lui dit que son ami n'était pas encore venu, il ne pouvait pas l'accueillir. Il lui fallait repasser une autre fois. La nuit vint. personne! Moïse, déçu du rendez-vous manqué, s'endormit. Il reprit le lendemain matin le chemin de la montagne. Et là, il déversa devant Dieu le fond de son cœur: «Seigneur, dit-il, tu m'as bien dit que tu viendrais prendre avec moi le repas de midi. Je t'ai attendu en vain toute la journée. À cause de toi, j'ai même dû éconduire un mendiant qui demandait asile dans ma maison. Et tu n'es pas venu ! ». «Mais si, lui répondit Dieu sur la montagne. Par deux fois je suis venu frapper à ta porte, la première fois à l'heure de midi, la deuxième fois à l'heure du souper. Ce mendiant à qui tu as refusé l'hospitalité, c'était moi!» Voilà un bel effet de surprise! Dieu frappe toujours à notre porte. Il frappe sans cesse. Le plus difficile c'est d'être assez libre de toute fausse attente pour savoir le reconnaître dans sa perpétuelle nouveauté.

Contempler Jésus dans son humanité

Soyons donc prêts à la surprise et à l'étonnement. Jésus dans son humanité nous révèle Dieu, mais lui-même n'est désormais pas plus visible. Qui m'a vu a vu aussi le Père (Jn 18,9), dit-il à Philippe. Mais qui peut prétendre avoir vu Jésus ? Lui non plus ne se laisse pas trouver de façon apparente. Alors serions-nous condamnés à être de perpétuels aveugles de Dieu? Le prochain, dans son humanité, c'est lui qui me le révèle. Désormais, il ne se laisse percevoir que dans le mystère de l'autre. Le «visage à visage» avec lui, c'est fini! Il nous reste la Foi pour le percevoir avec les yeux du cœur, seul désormais apte à pouvoir le contempler. Et c'est dans l'autre qu'Il nous attend, cet autre qui est révélateur de sa présence. La difficulté est que nous nous sommes habitués à l'autre, nous croyons en avoir fait le tour, le connaître dans toutes ses facettes. Des couples s'avouent souvent, après des années de vie commune: «Je ne te connaissais pas comme cela! », de vieux amis aussi se surprennent à se redécouvrir après des années de fréquentation. Il en est de même de toute amitié née entre personnes: c'est une aventure toujours nouvelle. Il en est de même de tout inconnu rencontré, accueilli, voire même éconduit. La façon dont nous recevons l'autre est la mesure même de notre accueil de Jésus. En vérité, en vérité je vous le dis, qui reçoit celui que j'envoie, me reçoit et qui me reçoit, reçoit celui qui m'a envoyé (Jn 13,20). Ce n'est pas la piété qui est première, mais la façon dont nous accueillons l'autre: là est le critère de cohérence de notre foi! Nous vivons une époque de résurgence du «religieux», en soi, ce n'est pas une mauvaise chose dans un monde où «Dieu n'habite plus à l'adresse indiquée» pour prendre une expression de Jacques Loew. Mais c'est bien sur le terrain de l'humanité qu'il nous attend, sur la terre humaine! Loin de discréditer la prière et la contemplation gratuite, la rencontre et le souci de l'autre restent la preuve de notre attachement à Dieu. La prière n'est pas une fuite du monde, elle nous y envoie. La courte vie obscure et apparemment sans histoire de la petite Thérèse de Lisieux en est un exemple. C'est l'amour du prochain qui nous pousse à la prière. Nous portons toujours en nous un grand malentendu sur Dieu. Il est «sur la terre comme au ciel» comme nous le récitons tant de fois dans le «Notre Père ». Cette prière de Jésus nous prend par les pieds et nous ramène sur terre, car c'est bien là que Dieu nous attend. Comme le disait Maurice Zundel, ce prêtre suisse exclu de son temps et maintenant sorti de l'ombre: «Dieu, c'est une expérience». C'est à travers notre expérience quotidienne que nous le découvrons, et la prière fait aussi partie de la vie!

Saint Paul écrivait aux chrétiens d'Éphèse: Priez sans cesse (Ep 6,18). Et prier, c'est aller à la rencontre de Dieu, avec cette certitude qu'il nous attend déjà! La prière ce n'est pas essentiellement «un exercice de piété» comme on dit parfois. La prière est «relation», relation continuelle. Si nous sommes «absents de lui», ailleurs, lui, il demeure.

J'ai reçu un jour sur l'écran de mon ordinateur cette anecdote racontée par une femme médecin qui m'a fait comprendre un peu mieux ce lien mystérieux que nous entretenons avec Dieu dans la prière. «J'étais un matin occupée dans mon travail, dit-elle, aux environs de 8 h 30, quand un homme d'un certain âge, dans les 80 ans, est arrivé pour faire enlever les points de suture de son pouce. Il m'a dit qu'il était pressé car il avait un rendez-vous à 9 h 00. J'ai pris ses signes vitaux et lui ai dit de s'asseoir sachant que ça prendrait plus d'une heure avant que quelqu'un puisse s'occuper de lui. Je le voyais regarder sa montre et j'ai décidé, puisque je n'étais pas occupée avec un autre patient, d'évaluer sa blessure. En l'examinant, j'ai vu que ça cicatrisait bien, alors j'ai parlé à un des docteurs, j'ai pris les choses nécessaires pour enlever ses points et soulager sa blessure. Pendant que je m'occupais de sa blessure, je lui ai demandé s'il avait un rendez-vous avec un autre médecin ce matin, parce qu'il était pressé. L'homme me dit non, mais qu'il devait aller dans une maison de santé pour déjeuner avec sa femme. Je me suis informé de sa santé. Il m'a dit qu'elle était là depuis quelque temps et qu'elle était victime de la maladie d'Alzheimer. Comme nous parlions, j'ai demandé si elle serait contrariée s'il était en retard. Il a répondu qu'elle ne savait plus qui il était, qu'elle ne le reconnaissait plus depuis 5 ans. J'étais surprise et je lui ai demandé: "Et vous y allez encore tous les matins, même si elle ne sait pas qui vous êtes?" Il souriait en me tapotant la main et dit: "Elle ne me reconnaît pas, mais je sais encore qui elle est". J'ai dû retenir mes larmes quand il a quitté, j'avais la chair de poule sur le bras, et je pensais que c'était le genre d'amour que je veux dans ma vie.»

La prière ne nous éloigne pas de la relation, elle nous y ramène, même dans nos moments d'absence. Nous sommes souvent devant Dieu frappés nous aussi d'amnésie et même de cette trop fameuse maladie d'Alzheimer, mais sa mémoire pour chacun et chacune d'entre nous ne connaît pas de défaillance. La mémoire de l'Amour ne connaît pas le vide. Certes, la relation, appelle la réciprocité. Ce que nous percevons le moins de Dieu dans la prière, c'est ce qui se passe de son côté à lui et son œuvre en nous. Ce qu'il fait, nous ne pouvons que rarement le percevoir dans l'immédiat. Ce que nous avons à croire, c'est à l'invisible travail que lui fait en nous. Mon Père travaille toujours, et moi aussi je travaille (Jn 5,17) dit Jésus après avoir fait une guérison le jour du sabbat. Le seul obstacle au travail de Dieu, c'est nous-mêmes. Nous pouvons lui condamner l'entrée. Il ne forcera pas la porte. Il ne nous demande rien d'autre que de le laisser entrer. Rien de plus, il se chargera de faire ce qu'il a à faire. Même si nous dormons alors que nous sommes en prière, ne nous affligeons pas. il y a des opérations que le Saint Esprit ne fait que sous anesthésie! Si nous y consentons, c'est fou le boulot qu'il peut faire en nous! Si nous y consentons, il nous travaille en profondeur, sans même que nous le sachions. C'est cela qui nous décourage: cette impression qu'il ne se passe rien ! Alors, à quoi bon? Charles de Foucauld, dont nous savons l'assiduité dans la prière, écrivait: «Je sais bien que Dieu m'aime, mais il ne me le dit jamais.»

Prier, c'est laisser Dieu être en nous, c'est le laisser prier en nous, c'est alors lui donner un accroissement d'être! C'est fou de penser que nous pouvons le faire grandir, simplement en lui offrant notre espace! Je voudrais que nous puissions aborder ce parcours de l'Évangile de Jean dans cet esprit: laisser la Parole entrer en nous et lui donner assez de champs pour faire ce qu'elle a à faire, et dans la plus grande gratuité. Pour illustrer cette gratuité, je vous livre ces propos de Rabi'a Al Adawiyya, une mystique musulmane des premiers temps de l'Islam (717-801) :

«O mon Dieu, si c'est par crainte de la géhenne que je T'adore, brûle-moi dans la

géhenne. Et si c'est par espoir du paradis que je T'adore, chasse-moi du paradis. Mais si je

T'adore uniquement pour Toi-même, ne me prive pas de ton éternelle beauté.

O mon Dieu, tout mon désir en ce monde, c'est de me souvenir de Toi. Et tout mon

désir pour le monde à venir c'est de Te rencontrer. Pour moi, il en est ainsi. Mais Toi, fais

ce que Tu veux.»

 

Claude RAULT, évêque du Sahara algérien

(Collection Voix Monastiques N° 22, Abbaye Val Notre-Dame, 2012, 18 €)

Se Comprendre N° 13/01 7

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